Les coliques

Les coliques

- Système digestif

Un cheval qui se roule, gratte au sol et se regarde le flanc… Ces symptômes bien connus des cavaliers sont surveillés avec attention. Il faut dire que les « coliques », terme qui regroupe tous les types de douleurs abdominales, sont la hantise de tout propriétaire d’équidé, et à raison : Les coliques sont la plus grande cause de mortalité chez le cheval.

Le cheval, de par son système digestif singulier, est particulièrement à risque de souffrir de coliques. Ces douleurs peuvent avoir une origine infectieuse, être liées directement au cheval (son âge, sa race…), mais également à son mode de vie. Ainsi, il est possible de minimiser le risque pour son cheval de faire une colique en maîtrisant : son alimentation, son abreuvement ou encore son logement par exemple.
Les coliques correspondent à des douleurs pouvant toucher l’estomac, l’intestin grêle, le caecum ou encore le colon. Dans une grande majorité des cas, les symptômes de coliques sont liés à un blocage digestif. Ce blocage peut être dû à une obstruction par des aliments très fibreux comme de la paille, des copeaux de bois, du sable, des entérolithes, des lipomes, des parasites, ou par l’étranglement d’un morceau d’intestin par un autre ou par lui-même. Les symptômes de colique peuvent également être liés à une production massive de gaz dans le caecum/colon, à la suite de l’ingestion d’une quantité trop importante de sucres dits fermentescibles (amidon et/ou fructanes). Les ulcères se développant dans l’estomac et/ou l’intestin grêle peuvent également être à l’origine de symptômes de colique qui peuvent devenir chroniques.

Quelle sont les pratiques à respecter pour limiter le risque de coliques ?

Les coliques touchent différentes parties de l’appareil digestif, sont liées à diverses causes, et ont donc une origine multifactorielle. Ainsi, le logement, le suivi de santé et l’alimentation peuvent avoir un rôle dans la prévention de ces troubles digestifs :

  • LOGEMENT ET SANTÉ
    • LOGEMENT
      Limiter le temps passé en box et augmenter le temps passé en pâture, permet de diminuer le risque de coliques. En effet, les chevaux qui sortent au moins 3x par semaine au pré ont moins de risque de faire des coliques que les chevaux qui n’ont pas accès à des sorties hebdomadaires. Cela est d’autant plus important que les chevaux qui tiquent à l’appui, à l’air et/ou à l’ours sont plus sujets aux coliques.
      Ainsi, un environnement permettant au cheval de marcher (la marche stimule le transit intestinal) et de s’occuper minimisera le risque de coliques.
    • ABREUVEMENT
      Proposer de l’eau claire tempérée à volonté. La déshydratation est un risque important pour le développement des coliques chez le cheval, du fait notamment du risque d’obstructions liées aux aliments déshydratés. Ainsi, les chevaux qui ne reçoivent pas d’abreuvement à volonté dans leur box, au pré ou au paddock sont plus à risque de souffrir de colique, d’autant plus qu’ils sont âgés. Le transport est également un facteur de risque du développement de coliques, en partie en raison de l’insuffisance d’abreuvement, du stress et/ou de la chaleur.
      Ainsi, il est important d’offrir au cheval un abreuvement à volonté, propre et tempéré.
    • PARASITISME ET SANTÉ DENTAIRE
      Maîtriser la vermifugation et assurer un suivi régulier de la santé dentaire. Les chevaux qui ne sont pas vermifugés ou qui sont vermifugés suite à des symptômes d’infestation massive (poil piqué, gros ventre, perte d’état…) ont plus de risques de faire des coliques que les chevaux pour lesquels la vermifugation est maîtrisée. Trop de parasites morts relargués dans le système digestif peuvent causer notamment des obstructions, particulièrement douloureuses. Enfin, la santé des dents est primordiale pour une bonne digestion, et les chevaux qui souffrent de problèmes dentaires sont plus à risque de faire des coliques.
      Ainsi, il est important de réaliser une vermifugation régulière (en accord avec votre vétérinaire) ainsi qu’un suivi de la santé dentaire.

  • ALIMENTATION
    • FOURRAGES
      La base de l’alimentation du cheval est composée de fourrages. Ainsi, chaque kg de foin supplémentaire distribué pour 100kg de poids vif diminue de 3 fois le risque de coliques. De la même manière, une enquête réalisée au Centre Hospitalier Universitaire de Gand a montré que les chevaux qui étaient admis pour des cas de coliques étaient 33% à recevoir moins de 1kg de foin pour 100kg de poids vif, contre 0% pour les chevaux qui étaient admis pour des causes non intestinales. La qualité des fourrages est également importante, et les chevaux qui ingèrent des foins de faible qualité hygiénique sont plus à risque de faire des coliques, de même que pour les chevaux qui mangent du foin directement à la balle.
      Nous conseillons ainsi de distribuer au minimum 1,5kg de foin pour 100kg de poids vif par jour. Le foin doit être de bonne qualité et stocké de manière à éviter le développement de pathogènes.
    • CONCENTRÉS
      La distribution d’aliments concentrés doit être raisonnée et fractionnée au maximum. En effet, les chevaux de 500kg qui reçoivent plus de 5kg d’aliment concentré par jour ont 6x plus de risque de souffrir de coliques que ceux qui reçoivent moins de 2,5kg de concentrés par jour. L’ingestion d’un trop gros repas de concentrés peut en effet causer une obstruction, bloquant ainsi le transit intestinal ainsi que des fermentations indésirables dans le caecum et/ou colon, si la quantité d’amidon est trop importante. Les capacités du cheval à digérer l’amidon dans l’intestin grêle sont limitées. Ainsi, si la quantité d’amidon est trop importante, l’amidon va passer dans le gros intestin où il va être fermenté par les bactéries lactiques. En découlera donc une acidification du milieu, délétère pour les cellules intestinales et le microbiote intestinal. Ces fermentations conduisent également à une production importante de gaz, douloureuse (colique de gaz).
      Nous conseillons ainsi de ne pas distribuer plus de 150g d’amidon et 400g d’aliment pour 100kg de poids vif par repas. De plus, les petits repas sont mieux digérés, perturbent moins le métabolisme du cheval ainsi que sa santé gastrique.
    • TRANSITION ALIMENTAIRE
      En cas de changement d’aliment, il est conseillé de mettre en place une transition alimentaire progressive. En effet, un changement brutal de type de concentré ou de type de fourrage entraine une augmentation du risque de coliques dans les 14 jours suivant le changement alimentaire, et en particulier dans les 7 premiers jours.
      Nous conseillons ainsi d’étaler la période de transition alimentaire sur environ 10 jours afin que le système digestif et le microbiote intestinal du cheval puissent s’habituer progressivement au nouveau régime.

Réalimenter un cheval après une colique

  • SI LA COLIQUE N’A PAS NÉCESSITÉ D’OPÉRATION
    Il est conseillé de retirer l’eau et les aliments pendant la colique, jusqu’à la fin de la crise. Durant les jours suivants un épisode de colique, il est recommandé de ne pas distribuer d’aliments concentrés afin de limiter la production de gaz dans le gros intestin. Afin de rééquilibrer le microbiote intestinal, il est recommandé de distribuer un supplément pré-pro-postbiotique, tel que le supplément REVERDY FLORE.
  • RÉALIMENTATION APRES UNE OPERATION
    Rapidement après l’opération, si le cheval présente une absence de reflux gastrique, une bonne motilité intestinale et de l’appétit, il est recommandé de nourrir le cheval avec uniquement du foin de bonne qualité, en augmentant progressivement les quantités jusqu'à atteindre 1,2% du poids vif au bout de 2 à 4 jours. Il est également conseillé de distribuer le foin en 4 à 6 repas par jour (soit 0,2 à 0,3% du poids vif par repas). Limiter les apports en énergie juste après l’opération permet de limiter les risques associés à la surnutrition tels que l’hyperglycémie et le choc septique.
    Au bout de 2 à 4 jours, en fonction de l’état de santé du cheval, la qualité énergétique de la ration va être progressivement augmentée. Un aliment concentré spécifique, adapté à la reprise alimentaire post-opératoire pourra donc être distribué en plus du foin. Nous conseillons donc de distribuer 1,2% du poids vif du cheval en foin de bonne qualité par jour en 4 à 6 repas , ainsi que 0,4L (350g) de concentrés pour 100kg de poids vif d’aliment REVERDY POSTOP par jour, sans dépasser 0,2L pour 100kg de poids vif par repas.

Morgane ROBLES, Docteur en Sciences de la Vie et de la Santé.
Cyrille DAVID, Docteur Vétérinaire.
REVERDY Nutrition Équine, Département Recherche & Développement, Juvigny les Vallées, France

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