25 litres... d’eau !

25 litres... d’eau !

L’eau est un nutriment important pour les équidés, indispensable pour la digestion et la thermorégulation, par exemple.
Plusieurs facteurs peuvent provoquer un ‘manque’ d’eau chez les chevaux. Cela peut entrainer une baisse de performance, une diminution de la consommation de la ration alimentaire, une déshydratation, et au final la mort...

Les chevaux devraient toujours avoir accès à de l’eau potable fraiche, propre, de bonne qualité.

Le corps du cheval est constitué d’environ 65% d’eau. Cela signifie qu’un cheval de 600 kg est constitué de près de 400 litres d’eau !

Saviez-vous que le cheval perd ses matières liquides principalement par les crottins ?
Puis, en moindre quantité par l’urine, l’évaporation, les voies respiratoires, la sudation et la lactation.

Bien que les besoins quotidiens en eau pour l’entretien soient estimés à 50 ml/kg de poids corporel avec une large fourchette, les chevaux de poids similaire, nourris avec une ration similaire, peuvent boire des quantités d’eau très différentes.

Quels sont les besoins en eau pour un cheval de 500 kg au quotidien ?
Pour un cheval de 500 kg au repos = 25 LITRES par jour.

Quels sont les autres facteurs qui influencent les besoins en eau ?

LA RATION

La quantité totale d’aliments consommés et leur composition modifient l’apport total en eau du cheval. Une étude a démontré que des poneys buvaient 12 à 61% d’eau en plus lorsqu’ils étaient nourris uniquement de foin que lorsqu’ils étaient nourris avec du fourrage mélangé à des céréales. Puis, le sel et la teneur en protéines de la ration ont directement une corrélation positive avec l’ingestion de l’eau.
Cela confirme l’importance de l’accès facile à l’eau propre et fraiche.

L’EFFET DE LA TEMPÉRATURE EXTÉRIEURE SUR L’INGESTION DE L’EAU

Les chevaux s’adaptent aux températures extérieures et les changements dans la consommation d’eau font partie de ce processus d’adaptation.
Il a été noté que lorsqu’il fait moins de -8°C, la baisse d’ingestion de l’eau peut avoisiner -14%, sans pour autant diminuer l’ingestion de la ration. A contrario, lors de températures élevées, l’ingestion de l’eau peut augmenter de 50%.
Et la température de l’eau a son importance également : une étude a montré que lors d’une température extérieure de 25°C, les chevaux préfèraient une eau à 20°C qu’une eau à 10°C ou 30°C.

GESTATION ET LACTATION

La gestation ne semble pas imposer une augmentation des besoins en eau au-delà des besoins à l’entretien par kilo de poids corporel.

On estime que l’apport en eau augmente considérablement au-delà des besoins d’entretien et de la gestation en raison de la perte de liquide (lait) et de l’augmentation de la consommation alimentaire liée à la lactation. Les juments en lactation pourraient atteindre 150 à 200% au-dessus de l’ingestion en eau observée pendant la gestation.

Cependant, les juments allaitantes sont généralement nourries avec plus de céréales/concentrés que lorsqu’elles sont gestantes, ce qui pourrait atténuer l’augmentation de l’apport en eau prévue avec la lactation en raison du rapport eau/aliment plus faible des céréales.

ET LES POULAINS ?

Concernant les poulains âgés d’un mois, il a été observé qu’ils étaient capables de boire 3,9 kg d’eau en plus de 17,4 kg de lait et qu’ils continuaient à augmenter leur consommation d’eau (5,5 kg par jour) à l’âge de 2 mois sans diminution simultanée de la consommation de lait.

Il est donc primordial de faciliter l’accès à l’eau pour la jument et son poulain.

TRANSPORT

Les pertes d’eau lors de transport du cheval sont considérables. L’approvisionnement en eau avec un seau doit être envisagé pour tous les chevaux transportés et doit être assuré souvent (au moins toutes les 2 à 4 heures) en fonction des conditions météorologiques du transport.

L’EAU ET L’EFFORT

Les besoins en eau des chevaux à l’effort ou des chevaux de compétition sont affectés par un certain nombre de variables qui influencent les pertes de liquides par la transpiration et par la respiration.

Les besoins en eau pour un cheval au travail varient entre 36 et 92 L/jour... en fonction des conditions de travail et des facteurs climatiques.

L’eau peut compenser la perte de liquide pour la plupart des chevaux fournissant un effort léger ou modéré.

ET LES ELECTROLYTES  ? 

Les chevaux qui font un travail ou un exercice physique intense ont non seulement une perte de liquides, mais aussi une perte importante en électrolytes. Dans ce cas, il faut supplémenter le cheval en électrolytes afin de couvrir ses pertes.
Le but de la supplémentation en électrolytes est de stimuler l’ingestion de l’eau et de rétablir partiellement le déséquilibre en électrolytes (se référer à la notice d’usage pour une utilisation appropriée des électrolytes).

Comment augmenter l’ingestion de l’eau ?

Les recherches ont démontré que bon nombre de mesures peuvent être appliquées pour stimuler l’ingestion de l’eau : favoriser les bacs à eau et les seaux d’eau, plutôt que les abreuvoirs automatiques.

Si des abreuvoirs automatiques sont utilisés, prendre soin de bien vérifier le débit de l’eau : en-dessous de 7 à 8 litres par minute sera insuffisant. En effet, un débit inférieur à cela favorisera la survenue de coliques, d’ulcères, de myosites, etc.

Les chevaux préfèrent une eau tempérée (aux alentours de 20°C) plutôt qu’une eau froide ou fraiche.

Puis, si l’eau provient d’une source ou d’un puits, il est indispensable de procéder à une analyse chimique/microbiologique deux fois par an afin de déterminer si l’eau est propre à la consommation.

En bref…

    • Un cheval devrait toujours avoir accès à de l’eau potable fraiche, propre et de bonne qualité.
    • Besoins en eau d’un cheval à l’entretien : 25L par jour.
    • Besoins en eau d’un cheval au travail : minimum 40L par jour (50-100% d’augmentation par rapport à l’entretien).
    • Abreuvoirs automatiques : Toujours vérifier le débit. Débit idéal = autour de 8L/min
    • Températures froides : Attention, les chevaux boivent moins (survenue de coliques, myosites, etc). Température idéale de l’eau = autour de 20°C
    • Eau du puits : Effectuer des analyses deux fois par an, ou privilégier l’eau du réseau.
    • Transport : Faire boire de l’eau au seau toutes les 2 à 4 heures impérativement.
    • Electrolytes : À utiliser lors d’efforts entraînant une sudation, ou lors de transport.

Pôle Santé Reverdy, Département Recherche & Développement, Juvigny-les-Vallées, France