Comment nourrir son cheval Cushing (PPID ou DPIP) ?

Comment nourrir son cheval Cushing (PPID ou DPIP) ?

La maladie de Cushing, ou PPID : Pituitary Pars Intermedia Dysfunction ou encore DPIP : Dysfonctionnement de la Pars Intermedia de la glande pituitaire (appelée également hypophyse), une petite glande située dans le cerveau du cheval. Jusqu’à 30% des chevaux de plus de vingt ans peuvent souffrir de cette pathologie. La maladie est très probablement causée par une neurodégénérescence dans le cerveau du cheval, se traduisant par une sécrétion exagérée de certaines hormones. L’une d’entre elles, l’ACTH, serait à l’origine des nombreux symptômes qui accompagnent cette pathologie.

Symptômes

Les symptômes les plus fréquents sont les suivants : fourbure, hypertrichose marquée (poils très longs et bouclés), léthargie, fonte musculaire, abdomen pendulaire, et parfois polyurie-polydipsie (augmentation du volume des urines et sensation de soif intense et permanente), infections récurrentes et épisodes de transpiration anormaux. Ces symptômes marqués sont souvent liés à un stade très avancé de la pathologie.

D’autres manifestations cliniques peuvent néanmoins apparaître de manière plus précoce et subtile : diminution des performances sportives, baisse de fertilité, amyotrophie de la ligne du dos, légère modification du comportement, changements de l’aspect des sabots et de la boite cornée sans boiterie, léger retard de la mue printanière avec ou sans hypertrichose locale.
Les avancées scientifiques de ces dernières années ont permis un dépistage plus précoce de la maladie.

Diagnostic

Le dépistage de la maladie de Cushing repose sur le dosage du taux sanguin (plasmatique) de l’hormone ACTH.
Sachant que l'exercice physique intense, une maladie modérée à grave ou une douleur intense peuvent augmenter le taux d'ACTH plasmatique, il convient d'interpréter les résultats en tenant compte du contexte clinique.
De plus, l’ACTH plasmatique basale connait une variation saisonnière chez tous les chevaux. Des données récentes recueillies sur un très grand nombre d’individus suggèrent que la période de production accrue d'ACTH est déclenchée par le solstice d'été et s'étend de juillet à novembre inclus. Il en est de même pour les chevaux souffrant de PPID. Des études complémentaires ont permis d’établir des intervalles de référence saisonniers permettant ainsi d’utiliser le dosage de l'ACTH toute l'année pour dépister la maladie de Cushing. En outre, il a été démontré que l’automne serait le moment le plus opportun pour tester son cheval. En effet, c’est à cette saison que le dosage plasmatique de l’ACTH basale présente les meilleures sensibilité et spécificité.
Ensuite, la recherche de plus de précisions en matière de dépistage en dehors de cette période automnale a mené au développement d’un autre test diagnostique : le test de stimulation à la TRH (hormone thyréotrope). Ce dernier permet d’établir un diagnostic du PPID encore plus précis que l’ACTH basale.
Enfin, il est important de noter que l’insulinorésistance est fréquemment présente chez les chevaux souffrant de PPID. Il convient donc de tenir compte des paramètres glucose-insuline dans le bilan complet du cheval PPID ainsi que dans sa gestion nutritionnelle par la suite.

Gestion du PPID/Cushing

Il existe à ce jour des traitements médicamenteux efficaces permettant de limiter la progression de la maladie. Votre vétérinaire sera à même de vous conseiller pour la mise en place et le suivi du traitement.
Par ailleurs, il convient de faire un point sur le reste des paramètres qui peuvent affecter la santé du cheval ; statut vaccinal, santé dentaire, vermifugation, maladies rénales ou hépatiques.
Ensuite, la mise en place de mesures environnementales adaptées (si le cheval vit en groupe) peut être bénéfique également : séparer le cheval pour le nourrir, porter une attention particulière à la hiérarchie du groupe, s’assurer que le cheval parvient à se nourrir même s’il occupe un rang social inférieur au sein du troupeau.

Comment gérer l’alimentation de mon cheval atteint du Cushing/PPID ?

Si un cheval au repos d’état corporel satisfaisant présente des signes cliniques de PPID sans jamais avoir souffert de fourbure, la distribution d’un fourrage (pâturage et/ou foin) de bonne qualité en quantité suffisante peut suffire à couvrir ses besoins énergétiques (en kg de foin brut, distribuer environ 2% du poids vif du cheval). Cependant, il est important de faire analyser son foin afin de connaitre sa teneur en sucres solubles. (Les sucres solubles sont des ‘sucres simples’ tels que le glucose, fructose, sucrose, maltose, et les fructanes. Ils sont digérés dans l’intestin grêle et leur absorption influence la réponse glycémique du cheval).

Il est possible d’envoyer un échantillon de foin au Laboratoire Reverdy, en vue d’une analyse des constituants analytiques.

Dans ce cas, l’apport d’un CMV (complément minéral et vitaminique) ou d’un supplément à base d’oligo-éléments et de vitamines tel le Reverdy MINÉRAL OLIGOVIT*, est recommandé afin d’assurer une couverture satisfaisante des besoins journaliers en ces nutriments, déficitaires plus ou moins partiellement dans la majorité des fourrages.
*Le Minéral Oligovit est un complément minéral et vitaminique (CMV) pour chevaux apportant des oligo-éléments très assimilables et des vitamines protégées.

Pour les chevaux ayant une musculature insuffisante et/ou recevant un fourrage pauvre en protéines, il est préférable de distribuer le correcteur de foin CEREAL FREE, qui en plus des vitamines et des oligo-éléments, apporte des protéines de qualité riches en acides aminés essentiels, ainsi que des oméga 3 et des postbiotiques (ferments lactiques) favorables au maintien d’une bonne santé digestive et métabolique.

Si en plus de la fonte musculaire le cheval est amaigri, la distribution d’un aliment complémentaire plus énergétique (en plus de la mise à disposition de foin à volonté) facilite la reprise d’état corporel. Dans ce cas, il convient de privilégier les aliments essentiellement constitués de fibres et de matières grasses. Ces derniers peuvent également contenir une faible quantité de céréales, sources de glucides complexes (amidon). A ce sujet, il est recommandé de ne pas dépasser 30g d'amidon pour 100kg de poids vif (PV) par repas et de privilégier les sources « lentes » telle l’orge qui contient un amidon moins digeste que celui de l’avoine, du blé ou encore des flocons de céréales.
Les flocons de céréales ont un index glycémique élevé et la distribution de ces dernières à des chevaux souffrant de problèmes métaboliques est fortement déconseillé.
Les chevaux qui ont un syndrome de Cushing/PPID présentent en effet une hyperinsulinémie (associée à une hyperglycémie) prolongée après le repas. L'ingestion de céréales floconnées aggraverait l'hyperinsulinémie et au final l'état de santé des chevaux présentant une insulino-résistance.

Remarque : les aliments contenant de la mélasse sont à proscrire car cet ingrédient est riche en sucres simples (saccharose = sucre blanc) susceptibles d’aggraver l’insulinorésistance souvent présente chez les chevaux atteints de la maladie de Cushing.

Reverdy propose l’aliment ADULT SPECIFIC ENERGY, un aliment granulé pauvre en amidon, enrichi en fibres et en matières grasses.

En complément de cette alimentation, il est recommandé d’ajouter des pré/pro/post-biotiques. En effet, ces derniers contribuent au meilleur fonctionnement la flore intestinale qui se caractérise notamment par une amélioration de la digestibilité des fibres et donc une prise d’état corporel.

Reverdy FLORE est une association de probiotiques et postbiotiques soutenant la flore intestinale.

Pour les chevaux sujets à la fourbure, la restriction vis-à-vis des glucides est encore plus importante. Le seuil maximal à ne pas dépasser concernant l’amidon est 15g pour 100kg PV par repas. Pour les fourrages, la teneur maximale acceptable en sucres solubles est 10% de la matière sèche (MS). Concernant le pâturage, il est recommandé de restreindre l’accès à l'herbe durant les périodes où l'accumulation de sucres solubles est importante, à savoir : au début du printemps et à la fin de l'automne, après des périodes de sécheresse ou de gel, les jours ensoleillés sans nuages suivant une nuit fraîche (< 5°C). L’herbe carencée en azote (jaunie) est également plus susceptible d’être riche en sucres solubles, raison pour laquelle il est important de fertiliser correctement ses prairies, sans carence ni excès. Par ailleurs, il est possible d’avoir recours à un panier muselière dont le rôle est de limiter l’ingestion de l’herbe. Enfin, il est conseillé de faire tremper le foin dans de l’eau pendant 2h avant distribution afin d’éliminer une partie des sucres solubles.
Pour finir, la supplémentation en vitamines C et B12 semble pertinente. En effet, plusieurs études ont révélé que les chevaux atteints par le Cushing/PPID seraient carencés en vitamine C. Or, cette dernière joue un rôle essentiel dans l’immunité qui baisse avec l’âge et les dérèglements hormonaux observés chez ces chevaux. C’est pourquoi, il est conseillé de supplémenter en vitamine C les chevaux atteints de Cushing à hauteur de 1 à 2 gr/jour - jusqu'à 10g/2 fois par jour. Enfin, une étude récente (mars 2020) a démontré que les chevaux souffrant de la maladie de Cushing/PPID seraient également déficitaires en vitamine B12. Cette vitamine joue un rôle essentiel dans le fonctionnement normal du cerveau et du système nerveux central. Chez l’humain, les carences en vitamine B12 auraient un lien direct avec les maladies d’Alzheimer et de Parkinson. De même, les personnes atteintes de la maladie de Cushing sont souvent carencées en vitamine B12 également. Aussi, même si davantage de recherches doivent encore être réalisées dans l’espèce équine, une supplémentation renforcée en vitamine B12 chez les chevaux atteints de la maladie de Cushing semble pertinente.

Les aliments Reverdy qui conviennent aux chevaux Cushing/PPID sont renforcés en vitamine B12 voire en vitamine C (ADULT SPECIFIC ENERGY).

En conclusion, un diagnostic précoce associé à un traitement médical et une gestion nutritionnelle adaptés contribuent à améliorer le confort et l’espérance de vie des chevaux atteints de la maladie de Cushing/PPID.

Télécharger l'infographie